Commune de Saint-Maurice-de-Satonnay

Site officiel de la Commune de Saint-Maurice-de-Satonnay


L'église de Saint-Maurice de Satonnay

Eglise St-Denis

Eglise d'origine romane, le clocher en façade a remplacé celui du transept au 19° siècle.
Eglise SMS 

Divers objets à l'intérieur sont classés: litre sur les murs latéraux de la nef, peinture murale, mur est de la chapelle sud du choeur, statue, Vierge à l'enfant, mur est de la chapelle nord, bénitier sculpté, à l'entrée de l'église.
Intérieur de l'église Peinture murale chapelle sud

D'autres objets sont inscrits: statue de Saint Denis, de Saint Claude, tabernacle, cricufix en bois polychrome...

En savoir plus :

Construction de l'église
Découverte et restauration des peintures murales
Les différents décors
Famille seigneuriale des Chevriers
L'intérieur de l'église
Compléments 


HISTOIRE DE SAINT MAURICE DE SATONNAY

 Saint Maurice de Satonnay, autrefois Saint Maurice des Prés, est mentionné sous le nom de Villa Sancti Mauricii dans un document de 1015  Cela nous fait penser à quelques restes de villa gallo romaine.

L’histoire de l’église est liée à celle des Chevriers, « libres seigneurs » de Saint Maurice, du XIIIe siècle : ils la font construire, puis l’utilisent comme chapelle castrale et lieu de sépulture.

 

CONSTRUCTION DE L'EGLISE SAINT DENIS

 Epoque Romane  ( XIe- XIIe siècle ) - Le bénitier à droite de la porte d’entrée et la présence de deux petites baies murées dans le mur sud de la nef sont peut-être des témoins de cette époque.

Le bénitier pourrait être roman ou de la fin du moyen âge (cahier PACoB) (attribué au XIIe siècle par les Monuments Historiques)

Fin  XVe  - début XVIe siècle : L’église St Denis est supposée être du XIe siècle, elle fut reconstruite soit par Louis Chevriers au XVe siècle, soit par son fils Philippe au XVIe siècle, selon les auteurs. Louis est le premier enterré dans le chœur au caveau familial.

Seul le chevet, (baies gothiques, style flamboyant), les chapelles et la porte latérale sont conservés.

De Guy à André, les seigneurs de St Mauris se faisaient enterrer à Lyon en l’église des Cordeliers.

XIXe siècle : Le clocher en façade a remplacé celui du transept au XIXe siècle (1843).

En 1835, le curé signale que « le cloché menace de tomber sur le chemin public »

De 1844 à 1851, la nef est reconstruite et agrandie. Le clocher, situé à l’avant du chœur, est supprimé, l’entrée est modifiée et surmontée d’un nouveau clocher.

XXe Siècle : Travaux de restauration, à partir de 1992, pris en charge par la municipalité et l’Association de Rénovation de l’église : toiture, enduits, peintures, électricité , drainage, mobilier.

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DECOUVERTE ET RESTAURATION DES PEINTURES MURALES

 

22/03/1910 : La scène de l’Annonciation (chapelle sud) est classée par les Monuments Historiques. Une photographie prise à cette date montre une peinture encore en bon état.

1921 : Découverte et dégagement  de la litre funéraire  de la nef.

1992 : Campagne de sondages effectuée par Luigi Vettori, découverte de fragments de blasons sous les plâtres des chapelles.

1998 : Etude préalable refixages d’urgence sur la scène de l’Annonciation.

1998-2001 : Quatre chantiers-écoles organisés par l’Association de Rénovation de l’église et SMBS-REMPART(6 à 8 stagiaires bénévoles par chantier, encadrés par une restauratrice professionnelle, Juliette Rollier) permettent le dégagement et la restauration des peintures.

2003 : Restauration de la peinture de l’Annonciation.

ETAPES DE LA RESTAURATION

 Sondages : Le but est de localiser les peintures sous les plâtres et les badigeons.

Une étude stratigraphique permet de comprendre la succession des décors. Une bonne connaissance de la technique ancienne est nécessaire avant toute restauration.

Dégagement : Le plâtre et les badigeons sont enlevés (amincissements des plâtres, puis finition au bistouri). Les peintures sous-jacentes sont souvent très fragiles et nécessitent  un travail très long.

Consolidation : Les enduits cloqués sont consolidés à l’aide de coulis de chaux et de composés minéraux.

Nettoyage : Effectués selon différents systèmes doux.

Refixage : La peinture est pulvérulente (les pigments partent en poussière). Il s’effectue avec un produit laissant respirer la peinture.

Ragréage des accidents et réfection des enduits sur les grandes lacunes : Effectués avec un enduit à base de chaux et de sable tamisé , patiné avec des badigeons de chaux.

Réintégration picturale : Selon diverses techniques (en glacis sur les usures, éraflures, etc.....) et à « tratteggio » (petits traits verticaux parallèles) sur les lacunes.

Documentation : Toutes les étapes des travaux sont consignées dans des dossiers déposés à la Direction Régionale des Affaires Culturelles. Les photographies et textes justifient tous les choix faits sur le plan technique.

Des recherches de JC Latouille , membre de l’Association de la Rénovation de l’église , ont permis  d’identifier les commanditaires des peintures et la totalité des armoiries.

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DESCRIPTION DES DIFFERENTS DECORS

 

1 Litres funéraires de l’avant choeur.

Deux litres funéraires se superposent : bandes noires peintes en signe de deuil à la mort d’un seigneur et frappées de ses armoiries. Les litres faisaient le tour de l’église. Côté nord, au centre de la litre, le blason, surmonté d’une couronne comtale à neuf perles, est attribué à François de Chevriers, comte de Saint Maurice, mort en 1726.

2 Chapelle sud dit « de Saint Claude »

Trois couches picturales se superposent :

1ère couche : arbre généalogique et 1ère litre funéraire, 1ère moitié du XVIIe siècle.

En bas grand blason de François de  Chevriers, entouré du collier de l’ordre de saint Michel et de ses titres : seigneur de Salagny, chevalier de l’ordre (du roi), (juge) général des armes de France. Cette charge, créée par Louis XIII en 1615 pour contrôler les armoiries et les titres de noblesse, lui fut confiée jusqu’à sa mort en 1641.

Au-dessus et à gauche, le blason de son père, Gabriel, seigneur de Saint Maurice ; à droite, celui de sa mère, Françoise de Nagu. Décédés respectivement en 1610 et 1600, ils sont inhumés dans l’église.

En remontant, nous trouvons les écus accolés (homme à gauche, épouse à droite) des grands- parents, ensuite des arrière-grands-parents(cachés en partie par les litres funéraires), et enfin, la rangée de 16 blasons des trisaïeuls.

Des Phylactères portent le nom de chaque personnage.

Les couronnes d’or à une perle, sur les écus des Chevriers, indiquent leur qualité de « libres seigneurs », ne devant foi ni hommage à quiconque, pas même au roi. Par ce décor, renforcé de l’inscription latine « RADICI BONORUM MARIAE » « à Marie source (racine) de tous biens », François de Chevriers a voulu montrer la noblesse de ses origines, alors qu’il contrôlait celle de ses contemporains.

Blason des Chevriers

Deux litres superposées recouvrent en partie l’arbre généalogique. On peut distinguer (à droite) le sommet des couronnes à une perle des Chevriers, ce qui permet de dater cette 1ère litre de 1641, date de la mort de François de Chevriers.


 2ème couche : 2ème litre funéraire , XVIIe siècle

A gauche, on aperçoit le haut d’une couronne comtale sur une litre plus récente.

3ème couche : 3ème litre funéraire, XVIIIe siècle

Enfin, une troisième litre a été peinte sur les  précédentes plus bas. Les grandes armoiries du XVIIIe siècle ne sont pas identifiées (motif de paon et d’étoile).

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FAMILLE SEIGNEURIALE DE CHEVRIERS

 

Du château primitif il ne reste rien. On sait que l’entrée se trouvait sur la route de Champagne actuelle.

Il est constitué d’un logis recouvert d’un toit à la Mansart et flanqué au midi d’une tour cylindrique au dôme vernissé, à lanternon couvert lui-même d’un petit dôme. L’autre tour ronde est du XVIIe-XVIIIe siècle. Au nord les deux bâtiments en équerre ont été convertis en 1856 en maison d’habitation à galerie mâconnaise, le plus ancien au nord est daté de 1625. Il a conservé des portes en plein cintre à clés armoriées.

Fait rare, la terre de St Mauris a appartenue durant 5 siècles à la famille Chevriers originaire de Mâcon et issue par branche collatérale des Comtes de Mâcon (1) dont les armoiries « d’argent à trois chevrons de gueules » figurent en effet dans celles des Chevriers de St Mauris « d’argent à trois chevrons de gueules, à la filière engrêlée d’azur ».

Les deux arbres généalogiques nous livrent avec beaucoup de détail la généalogie de la famille Chevriers.

La restauration a permis de compléter les données fournies par différents auteurs. 

-Une charte de St Vincent à Mâcon vers 1015 cite la Villa Sancti Mauricci.

-Jean Chevriers épouse Marie de Bâgé  en 1170. (Règne de Louis VII  mort 1180)

-Guy prend le château de Solutré aux chanoines en 1215, il est excommunié par le pape, puis absout en 1231.

-Pierre de Chevriers suit St Louis en croisade et Philippe le Bel en Catalogne. (Règne de St Louis 1214 à 1270)

En 1238 Louis IX achète le Comté de Mâcon. Le seigneur de St Mauris déclare au roi que sa terre était libre et n’avait jamais dû ni foi ni hommage au Comte de Mâcon. Ses successeurs garderont tous droit de justice. D’ailleurs, le lieu dit « Les Justices » existe toujours et se situe  sur la colline entre St Maurice et Clessé à gauche de la route de Clessé, près du carrefour de la voie romaine et du chemin des Grandes Terres.

(1) : Affirmé par certains auteurs, mais plus vraisemblablement, à l’origine, les Chevriers sont de grands bourgeois au service des comtes de Mâcon. Ils seront anoblis au début du XIIIe siècle.(G. Duby)

-Barthélemy reçoit du roi une rente sur le péage du pont de Mâcon en 1303. ( Règne de Philippe Le Bel 1264 à 1314)

-Humbert se bat en Italie et défend Tournai en 1340, contre les Anglais.

-Henri, blessé à Poitiers est fait prisonnier en même temps que Jean le Bon en en 1356. ( guerre de Cent Ans).

-André est amiral de France sous Charles VII.( Règne de 1403 à1461 )

La guerre de Cent Ans débute vers 1337 sous Philippe VI premier Valois et se termine un siècle plus tard avec Louis XI (1423-1483).

-Louis, sous Philippe le Bon, duc de Bourgogne, est capitaine des nobles mâconnais en Flandres contre Gand.

Le puissant Duc de Bourgogne (1419–1467) règne alors sur la Picardie et les Pays Bas.

-Philippe combat en Italie sous Charles VIII et Louis XII.

-Philibert sert François 1ier et Henri II , il est élu de la noblesse en 1570.

-Gabriel est capitaine de 50 lances au siège de la Rochelle en1573. (Epoux de Françoise de Nagu en 1577)

-En 1585 il fait relever le signe patibulaire à deux piloris qui était d’ancienneté au lieu dit « les Justices »

Durant 30 ans de 1562 à 1598 la France subit une série de guerres de religions ( la ligue catholique, les huguenots et les loyalistes. Au début  cela se passe sous Henri III (sans enfant), allié (contre son gré) à Henri de Guise (chef de la ligue catholique) contre Henri IV (chef du parti réformé). Le roi Henri fait assassiner de Guise ainsi que son frère le cardinal en 1588, puis ce fut lui qui fut assassiné par Jacques Clément en1589. Henri IV devint alors roi de France. (Il était le petit neveu de François 1ier).

Charles de Guise (3me frère) échappé au complot prend la tête de la Ligue Catholique. Pour la Ligue, il représente le roi Charles X aussi il organise la lutte contre son rival Henri IV depuis la Bourgogne.

Henri IV abjure en 1593 et il est sacré roi de France en 1594.

En 1560 la moitié de la ville de Mâcon est protestante. En 1561, c’est la totalité.

La région est dévastée par les troupes de reîtres appelées par la Ligue et les loyalistes, Cluny est pillée, ainsi que les prieurés de la Grosne et de la Guye. (les mercenaires sont livrés à eux-mêmes, ils se paient sur l’habitant et n’ont aucuns scrupules face à la pauvreté de la population  et aux lieux

sacrés, ils se conduisent comme des bandits. (le Temps des Loups de Hugues Douriaux)

Puis Mâcon est récupérée par les troupes royales, mais elle est reprise par les protestants en 1567.

Suivent toute une série de batailles, puis Henri IV reprend la ville en 1594.

 

-François, frère de Laurent, Chevalier de l’ordre du roi, juge des armes de France (né vers 1585 mort en 1641). Son arbre généalogique décore la chapelle Sud. Sur son écu figure le collier de l’ordre de St Michel, dont il était membre, ainsi qu’Honoré.

-Laurent fait une dotation à la Chapelle des trois Maries ( mort en 1629)

(Règne de Louis XIII 1601 1643)

 -Honoré, fils de Laurent, par lettre de patente de Louis XIII obtient l’érection de ses terres en vicomté « pour grands services que notre cher et bien-aimé nous a rendu à l’exemple de ses prédécesseurs ». (décédé en1671) - Règne de Louis XIV (1643 à 1715)

-Claude Joseph épouse en 1670 Marguerite Grollier du Soleil. Il meurt en 1702.

Philibert Alexandre , frère du précédent, prévôt de St Pierre fit bâtir l’hôtel des Chevriers à Mâcon en 1716. Ce bâtiment est devenu le Palais de Justice. Règne de Louis XV (1710-1774)

Claude Joseph François est grand propriétaire vue la liste des terriers de domaines donnés à bail, il est « libre seigneur » de St Mauris et de la partie péage de Mâcon. Il meurt en 1726 (litre gauche de l’avant chœur)

-Léonard François, petit neveu de Philibert-Alexandre, fils de Claude Joseph, marquis de St Mauris hérite de son grand oncle, prévôt de St Pierre de Mâcon,.de l’hôtel construit en 1716. Il y ajoute la terrasse prise sur le rempart. Né en 1715, il décède sans héritiers en 1783.( Louis XVI 1774 – 1792).

En 1789 la révolution saccage le château de Saint Maurice.

Les héritières, la comtesse du Vallin de la Tour du Pin et Mme de la Poype, sa fille, émigrent et à leur retour elles récupèrent les biens qui n’ont pas été vendus. Les Chanoinesses de la Poype de Château Chalon (Franche Comté) recevront en 1825 la part d’indemnités qui leur revenaient sur le milliard reconnu aux émigrés pour leurs biens vendus ou confisqués.

A l’angle de la maison qui fait face à l’église, une pierre de remploi rappelle le passage Louis XIII en route avec son armée pour le duché de Mantoue.

Cette pierre demeure le seul vestige d'un portail monumental imaginé par Laurent de Chevriers, mais réalisé par son fils Honoré vers 1640, et sur lequel il avait fait sculpter les blasons de douze générations de ses ancêtres et de leurs épouses.

 


L ‘AN DE GRACE 1629 ET LE 19°

DU REIGNE DE LOUIS LE JUSTE

13° DU NOM QUI A PRIS CESTE

ANNEE LA VILLE REBELLE DE

LA ROCHELLE PASSA AVEC UNE

PUISSANTE ARMEE EN ITALIE AU

MOIS DE FESVRIER ET A DOMPTE

LES HUGUENOTZ DE FRANCE

REVOLTEZ CONTRE LUY

MESSIRE LAURENS DE CHEVRIER

LIBRE Sr DE ST MAURIS

 ET DU TIL A FAICT FAIRE

CE PORTAL

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L'INTERIEUR DE L'EGLISE

1- Arcs brisés des chapelles sud et nord, faux marbre, XVIIIe siècle. 

Décor de faux marbre gris et rose(non restauré)

2- Chapelle sud :

 Scène de l’Annonciation (classée M.H) peu après le milieu du XVIe siècle.

De chaque côté de la scène de l’Annonciation, deux figures de saints, debout, présentent les donateurs à genoux. A gauche, saint Barthélemy (SBMI) tenant le couteau de son supplice, représentant un ecclésiastique revêtu de son surplis et agenouillé –(sans doute Barthélemy Laurent curé de St Mauris des Prés en 1553) et à droite saint Philibert (S.PHRT), évêque portant mitre et crosse, protecteur de Philibert de Chevriers, puissant seigneur de Saint Mauris, mort en 1559.

L’ange de l’Annonciation est désigné par AVE GRATIA PLENA _ (Comte de Leusse)

-Saint Denis : dans la chapelle sud, (statue de type roman ?), sculptée vers 1532. Le saint décapité tient sa tête mitrée dans ses deux mains. La facture apaisante semble remonter au XVIe siècle – La sculpture du blason n’a pu être identifiée mais il pourrait appartenir à l’abbé Martray desservant cette église à l’époque et qui se prénommait Denis –

-Saint Claude : à droite de l’entrée du chœur sud – pierre sculptée et peinte vers 1534 (de type roman) – Le donateur semble être Philibert de Chevriers qui épousa Claudine de Tarlet le 23 janvier 1534 (Blason mi partie Chevriers et Tarlet, identifié par le Comte de Leusse).

(Règne de Henri II (1519 1558 )

3- Chapelle nord  dite « des trois Maries », arbre généalogique, première moitié du XVIIe siècle.

Comme dans la chapelle sud, la paroi était décorée d’un arbre généalogique. Seule, la partie supérieure subsiste, avec les armoiries des ancêtres de Laurent de Chevriers (frère de François) et Claudine de Seyturier, son épouse. Ce décor peut donc être attribué à Laurent de Chevriers(mort en 1629) ou à son fils Honoré.

Là aussi une litre funéraire le recouvre. Les arbres généalogiques nord et sud peuvent être daté entre1615 et 1641.

La chapelle nord fut placée sous le vocable des trois Maries avec une rente annuelle de 30 livres en 1639 par Laurent de Chevriers.

Statue de la Vierge à l’enfant : (Chapelle Nord, XVe) Malgré ses mutilations, est de bonne facture, elle pourrait provenir (ainsi que le Christ aux liens) des ateliers de la cour de Bourgogne, peut-être de Jean de la Huerta lui-même (plis de la robe, finesse du visage, pose et hanchement).

L’état de cette statue est sans doute la conséquence des guerres de religions et non de la révolution.

Statue représentant Marie Salomé et ses deux fils, (XVIIe) St Jean (calice qu’il tient à la main et sur lequel se dresse un serpent) et St Jacques le Majeur (il tient à la main gauche un bourdon et dans la droite un bâton dont on ne voit plus que l’emplacement, sur ses épaules, le chapeau de pèlerin).

Le thème iconographique des 3 Maries s’inspire des thèmes admis au Moyen Age sur la parenté de la vierge Marie :

Marie Magdala (Marie Madeleine ) et les deux sœurs Marie Salomé, Marie Cléophas.

Au fond de l’église, au dessus de la porte se trouve une toile peinte (1835) des trois Maries au Sépulcre où le corps du Christ avait été déposé. Selon le comte de Leusse, cette toile est de médiocre facture. Cependant elle nous montre une composition très suggestive de Marie Magdala révélant à ses compagnes l’apparition qu’elle vient d’avoir du ressuscité. L’Ange au mouvement ascendant, au dessus de leur têtes, confirme aux trois femmes que le crucifié ne se trouve plus là. «  il est ressuscité comme il l’avait dit, et voici qu’il les précède en Galilée »

« Cette toile offre le privilège, mystique et théologique, de présenter, sauf erreur ou omission, l’unique expression exacte, complète et scrupuleuse que l’on connaisse en Saône et Loire ».- Cahier PACoB 2006)

Les seigneurs de Chevriers étaient en étroite relation avec la navigation puisqu’ils percevaient 130 livres de rente à prélever sur le péage de la ville de Mâcon, ainsi que la treizième partie dudit péage accoutumé de lever par terre et par eau.

Le recueil Peincedé nous révèle que par lettres de patente, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, accorde à Louis de Chevriers, son écuyer en 1473 une rente sur le péage de la ville de Mâcon. Celle-ci est encore renouvelée en 1702 en faveur de Claude François Joseph, page du roi, puis en1729 à Léonard François, neveu du chanoine et trésorier du chapitre de St Pierre.

L’évangéliste St Marc relate qu’à l’aube, Marie Magdala, Marie Salomé (mère de Jacques le Majeur et de Jean) et Marie Cleophas (mère de

Joseph, Jacques le mineur, Simon et Jude) se rendirent au Sépulcre pour y déposer les aromates afin d’en oindre le corps du crucifié et elles découvrirent que le cadavre avait disparu. Un jeune homme qu’elles ne connaissaient pas leur dit que le Christ était ressuscité, et leur confia la mission d’aller l’annoncer aux disciples réunis dans le deuil.

Puis le ressuscité apparu  en premier à Marie Magdala.

Puis St Luc prend le relais, le Christ apparaît à des marchands, puis aux onze apôtres.

Thomas, qui ne se trouvait pas avec eux, refusa de croire cette histoire et l’évangile de St Jean nous dit qu’il fallut une quatrième apparition, qui lui reprocha son incrédulité et le convainquit.

-Pierre partit pour Rome après la Pentecôte.

-Paul effectua des missions capitales en Orient, il convertit les gentils (ceux qui ne sont pas juifs) et finit décapité à Rome. (il était romain)

-Jacques le Majeur et d’autres subirent le martyre.

-Jean finit à Pathmos, où il s’était réfugié, de mort naturelle.

-Les Trois Maries se retrouvèrent dans le sud de la France. « Selon une tradition apocryphe postérieure, mais qui repose peut-être sur quelques éléments authentiques, entendit prouver la précocité de l’évangélisation des Gaules et de la Provence en premier lieu » (cahier PACoB), grâce à l’expédition qu’avaient conjointement entreprise Lazare le ressuscité, ses sœurs Marie et Marthe et les deux autres Maries, Cléophas et Salomé.

Ils arrivèrent à Marseille dans les Calanques et se séparèrent.

-Lazare se réserva la ville de Marseille, d’où son corps fut transféré furtivement à Autun, par un évêque de ce diocèse nommé Gérar afin que ses reliques ne tombent pas aux mains des pirates sarrasins qui écumaient la Provence.

-Marie Magdala avait été récupérée par Vézelay mais cette imposture ne résista pas à la découverte de ses ossements à St Maximin près de Ste Baume où elle avait fini ses jours.

-Ste Marthe est retrouvée en région avignonnaise où elle triompha de la Tarasque, monstre de qui la ville de Tarascon tire son nom.

-Les deux Maries restèrent sur le rivage où leur barque avait accosté, elles y vécurent obscurément, dans la méditation, la prière et les larmes et furent inhumées sur place.

On sait que l’église placée sous le vocable des Saintes Maries de la Mer, est puissamment fortifiée contre le péril barbaresque.

Le lieu devint plus fréquenté depuis la dépose du corps à une date beaucoup plus tardive, de Ste Sara patronne les Gitans.

Nul ne songea à déplacer ailleurs leurs dépouilles, mais la dévotion aux deux Maries associée tout naturellement à leur compagne Marie Madeleine se propagea le long des rives du Rhône d’où elle allait être adoptée et fixée dans des conditions mystérieuses, en trois lieux Mont les Seurre, Mont Saint-Vincent et enfin Saint-Maurice des Prés. (historique recueilli dans le cahier Pacob  2006).

La dévotion aux trois Maries nous est sans doute parvenue par le Rhône bien sûr, puis la Saône, et la voie romaine qui reliait Mâcon à Autun. Celle-ci passait près de St Maurice.

La famille des seigneurs de Chevriers qui étaient en relation quotidienne avec tous les mariniers et les routiers montés de Provence, ont sans nul doute été baignés de leurs traditions et légendes, dont l’une des plus populaires, la dévotion aux trois Maries.

Laurent de Chevriers a peut être voulu à sa manière une sorte de réparation envers cette dévotion à une époque où elle s’était considérablement affadie.

C’est conjointement à la restauration de son château (il fait édifier un portail « illustré des blasons familiaux »)qu’il dédie la chapelle nord de l’église aux trois Maries et dote cette chapelle d’une rente, de trois nappes d’autel et d’un tableau. (ce n’est pas le tableau se trouvant au-dessus de l’entrée de l’église, daté de 1835)

« N’est-il pas en vérité suprêmement émouvant que, par la volonté « d’un homme de chez nous » une humble église de notre Mâconnais puisse ainsi receler une part de l’insondable mystère qui, jusqu’à la fin des temps, illuminera la vie de la terre et celle des hommes ? » (cahier PACoB)

 4- Le Chœur et la Nef

 -Christ aux liens : par terre, à droite du choeur – XVe siècle – console à trois côtés, sculpté en fort relief dans un style flamboyant.

Ancien tabernacle.

-Maître-autel  (fin XVIIe/XVIIIe) : Bois sculpté et doré – trapézoïdal – médaillon médian en relief représentant une colombe du St Esprit – des gradins porte-cierges décorés d’un cuir doré et gaufré (dit de Cordoue) orné de fleurs et d’arabesques, ainsi que des écussons des donateurs.

Deux statuettes ont trouvé place de part et d’autre du grand tabernacle. Le gradin inférieur est timbré des armoiries de la famille de Chevriers et Grollier du Soleil (Claude-Joseph et Marguerite)

-Groupe Sculpté : Sainte Anne, sa fille Marie et au milieu son fils Jésus – ensemble particulièrement émouvant, le style et les poses relèvent du baroque –  (XVIIe)

-Dalle funéraire : D’après le comte de Leusse, on pouvait encore lire en 1900 Gabriel de Chevriers mort en 1600 et celle de Françoise de Nagu morte en 1610. L’usure produite par les pieds a fait disparaître les inscriptions. Aujourd’hui on ne voit plus que la dalle armoriée réemployée dans l’emmarchement du chœur – Les seigneurs de St Mauris n’eurent leur caveau dans l’église qu’à partir du XVe siècle , époque de sa réédification par Louis de Chevriers.

-La cloche : bronze 1802

                   Inscription : « ANTOINE BOYANT ADJOINT PARRAIN

                                            PIERREET(sic) CAILLOT fme DE

                                            JOSEPH DERAYAUD MARRAINE+

                                            Jh MARIE DE LAPORTE

                                            CURE ET MAIRE DE SAINT MAURIS

                                             PAR GARDON 24 8re 1802

                                             2 BRUMAIRE EN 11 Re Fr »

Deux Anges Baroques : dans la nef , ils sont de petite taille. (XVIIe)

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COMPLEMENTS

Saint Maurice :

 Originaire d’Egypte, chrétien enrôlé dans l’armée romaine et à la tête de la légion thébaine, vint combattre dans les Alpes.

Lui et sa légion refusent de renier leur foi et de sacrifier au culte des dieux romains. Ils sont massacrés par l’empereur Maximien vers 287 Ap JC.

Le culte est né sur le lieu du massacre, à Gaume en Valais (Suisse).

L’abbaye de St Maurice, qui conservait ses reliques, devint un lieu de pèlerinage très tôt. De la Suisse, le culte de St Maurice essaime tout d’abord dans toutes les Alpes et la vallée du Rhône, puis en Allemagne et en Italie.

Comme St Georges, Maurice figurait au nombre des saints patrons des chevaliers et des soldats. La Suisse et l’Autriche en firent leur saint national.

Il est représenté sous les traits d’un Maure africain avec une bannière blanche à croix rouge ou un aigle impérial. (Mauritus rapproché de Maure)

Saint Denis :

Premier évêque de Paris , décapité à Paris à la fin du IIIe siècle.

Il a subi tous les supplices des premiers chrétiens , beaucoup d’épreuves lui sont imposées mais sa foi lui permet de résister. Il est alors décapité, mais il se relève, prend sa tête coupée dans ses deux mains et marche longuement jusqu’au lieu de sa sépulture. Après sa mort, Denis accomplit encore de nombreux miracles près de son tombeau.

Sa confusion avec Denys l’Aréopagite qui fut converti par Saint Paul et devint le premier évêque d’Athènes, a longtemps été entretenue par les moines de l’abbaye St Denis car elle permettait de faire vivre ce saint patron à l’époque du Christ.

Les rois de France ont fait de ce saint évêque, le patron du royaume et de leurs dynasties successives.

En 639 Dagobert fait transporter les reliques du saint à Saint Denis qui devint progressivement le sanctuaire de la monarchie française.

Saint Denis est presque toujours représenté portant sa tête entre ses mains. Tantôt sa tête est coupée à ras du cou, tantôt la partie supérieure du crâne est seule sectionnée, le bourreau ayant appliqué son coup d’épée à cet endroit (version des moines de Saint Denis) 

Informations extraites de : 

  1. Vallon de l’Isérable  Raymond et Anne-Marie OURSEL. 
  1. Cahier PACoB N°1 Décembre 2006 « les trois Maries » de Raymond OURSEL  (Publication de l’Association Patrimoines, Ambiances et Couleurs de Bourgogne). 
  1. Société des Amis des Arts et des Sciences de Tournus. Tome CV Josette et Georges BELLICOT. 
  1. Travaux de Jean-Claude LATOUILLE, Association pour la Rénovation de l’Eglise de Saint Maurice de Satonnay.

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